RobAFIS, ou comment "Penser Système"
C’est l’histoire d’un challenge. L’histoire d’une équipe. L’histoire d’une rencontre, d’un partage d’expériences. Tout commence par une idée, qui émerge en juillet 2013 dans la tête de quelques Eistiens : un concours de robotique national pourquoi pas ? RobAFIS était lancé.
Retour sur l’aventure avec 2 membres de l’équipe : Pierre Sudron, chef du projet et Alexandre Fugier.
Durant l’été, l’idée grandit, fait son chemin dans les esprits. En septembre, les professeurs présentent le projet aux élèves et l’équipe Eistienne se monte : 5 élèves-ingénieurs de 3ème année (dont 4 de l’option Informatique Embarquée et 1 de l’option Génie Logiciel), Pierre Sudron, Alexandre Fugier, Fréderic Torcheux, Kevin Pires, Baptiste Boiroux, et 2 de première année, Flavien Raynaud, Thomas Papillon. Une compétence supplémentaire s’impose pour un concours de robotique : 3 élèves de dernière année de Supméca (Jérémie Bialowas, Juliette Bouclier, Johanna El-Bèze) rejoignent les rangs.
L’aventure peut démarrer sous les bons auspices de PLACIS (plateforme collaborative d’Ingénierie système et avec une équipe d’encadrants venus des 3 entités du Collegium Ile de France ( le Collegium Ile de France est un EPCSCP dont l’EISTI est membre fondateur aux côtés de l’ENSEA et SUPMECA).
Ce qui motive les étudiants ?
Pour Pierre Sudron, chef de projet du concours RobAFIS : « C’est bizarrement la compétition qui m’a attiré, l’envie de me frotter au challenge ».
Pour d’autres comme Alexandre Fugier c’est : « L’occasion donnée d’explorer un nouveau domaine en lien avec l’option Informatique Embarquée ».
RobAFIS, un concours de robotique organisé chaque année
par l’Association Française de l’Ingénierie Système (AFIS)
Les difficultés de gestion de projet et d’équipe
L’aventure commence pour 11 semaines intenses… et les premières difficultés apparaissent : 2 établissements, une équipe assez conséquente, des affinités et méthodes de travail différentes, une disponibilité inégale pour le projet… Bref comment s’organiser efficacement ?
« Nous avons immédiatement mis en place des outils de communication et de partage de documents mais très vite des réunions se sont révélées nécessaires. Nous en avons tenu 8 au cours des 11 semaines, cela était très soutenu mais il le fallait » précise Pierre.
On décide au cours des réunions de la répartition des différentes tâches tout en permettant à chacun d’avoir la vision totale du projet et de penser globalement le robot « Même si chacun s’attachait à un module particulier, on tenait à avoir constamment cette vision d’ensemble des travaux » ajoute Pierre.
Pour alimenter leurs réflexions les étudiants se sont également beaucoup documentés en puisant par exemple dans les annales du concours.
Choc des cultures
Après l’organisation, il a fallu que nos Eistiens se mettent à « penser système ».
« Le concours impose un cadre très rigoureux, dans une logique et une pensée industrielles et suivant une démarche, étape par étape avec de fortes contraintes… une approche que nous avons dû intégrer il faut l'admettre » raconte Pierre.
La « pensée système » a été un vrai choc culturel pour les Eistiens plus enclins à se laisser guider par l’imagination et l’inventivité, les mécaniciens étant rompus à l’application de processus connus et intégrant naturellement la donnée « time to market ». Un choc qui a nourri des débats tout au long du projet.
Rush et Raclette : le secret d’une équipe
Au bout du compte la complémentarité des approches a payé : la fiabilité et la robustesse du robot, préoccupation centrale des mécaniciens, se sont alliées à la recherche permanente et parfois obsessionnelle de la performance de la part des informaticiens. Ces derniers ont apporté voire imposé une certaine « agilité » au projet en s’autorisant jusqu’à la dernière minute des améliorations dans les développements.
« On a parfois vraiment déstabilisé nos coéquipiers mécaniciens car on ne s’interdisait rien, on est sorti plus d’une fois du formalisme imposé, on voulait vraiment un robot d’enfer … du coup il y a eu quelques moments de stress à gérer car certaines de nos modifications dans le développement impactaient le robot et l’ensemble de projet alors que le temps manquait. »
Heureusement, les soirées raclettes ont eu raison de ces coups de stress et la cohésion de l’équipe a été indéfectible jusqu’ au jour J. Car la compétition finale a eu son lot de péripéties, quand par exemple, les lumières des projecteurs ont perturbé les capteurs des robots. Un calibrage des prototypes s'est avéré nécessaire. Tout le groupe est resté concentré.
« Quand rien ne marche, c’est terrible… ce qui nous a fait reprendre le dessus et repartir dans la compétition, c’est la cohésion de l’équipe, nous avons été vraiment soudés » se souvient Alexandre et Pierre d’ajouter « on a eu des soirées et des week ends de rush mais on a toujours été soutenus par les profs, cela a compté aussi ».
Finalement pour cette première participation, l’équipe du Collegium IDF avec Robos’pir a décroché une très belle seconde place… et laissé à tous le souvenir d’une superbe expérience !
Le robot intelligent Robos'πR
La finale RobAFIS 2014 sera accueillie par Collegium Île-de-France en décembre 2014,
dans les locaux de l’EISTI :
EISTI – Ingénieurs Informatique et Mathématiques
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